Une bonne robe de mariée, au bout de deux heures, on l’oublie.


Faufil est une boutique et un atelier sur les pentes de la Croix-Rousse, à Lyon. Douze robes, trois couturières, et le temps qu’il faut pour que ça tombe juste.
faufil
nom masculin
Fil provisoire, cousu à grands points, qui tient une robe pendant les essayages. On le retire à la fin. Le jour du mariage, personne ne le voit, et c’est à lui que la robe doit d’être droite.
Douze robes, et on s’arrête là.
On préfère en connaître douze par cœur que d’en stocker deux cents dans des housses. Chacune porte le nom du geste de couture qui lui donne sa forme.
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Biais
1 980 €
Coupée à 45 degrés, elle suit chaque mouvement du bassin et ne cache rien de ce que vous avez mangé.
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Plumetis
2 340 €
Des milliers de petits pois brodés sur du tulle, et dix minutes d’essayage pour qu’aucun ne tombe au mauvais endroit.
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Entre-deux
2 680 €
Des bandes de dentelle posées à l’horizontale, trente-deux boutons dans le dos, et une témoin qui a intérêt à avoir les ongles courts.
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Ganse
1 760 €
Quatre coutures, un dos ouvert jusqu’aux reins, et tout le poids de la robe confié à un seul nœud sur la nuque.
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Bouillonné
3 150 €
Huit mètres de mikado froncés à la main, trois kilos portés par la taille, et deux poches assez grandes pour votre téléphone.
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Lisière
1 290 €
Du lin et de la soie qui froissent dès 11 h, une frange laissée telle quelle, et des boutons du col à l’ourlet.
Vous vous mariez en juin ? Venez en novembre.
- NovembreLe premier essayage. Une heure et demie, gratuit. Vous ressortez avec deux robes en tête, ou aucune.
- JanvierOn prend vos mesures, vous versez 30 % et on coupe votre robe à la table du fond.
- MarsPremier essayage de retouche. La robe ne tient encore qu’au fil rouge, tout peut bouger.
- MaiLa longueur, avec les vraies chaussures. On tire le fil.
- JuinVous n’y pensez plus.

Et si aucune des douze ne va ?
Alors on en coud une treizième. On dessine ensemble, on monte une toile de coton, on griffonne dessus au crayon pendant que vous levez les bras, et c’est seulement ensuite qu’on touche au vrai tissu. À partir de 4 800 €, six à neuf mois.
Nous retouchons aussi les robes achetées ailleurs, y compris celle de votre mère.
Six tissus, à toucher avant de décider.
Sur un écran, tous les ivoires se ressemblent. À l’atelier, on vous les met entre les mains, et on vous dit ce qu’ils deviennent après six heures de danse.








Une robe, ça sort.
Elle monte des escaliers, elle s’assoit en terrasse, elle prend la pluie à la sortie de la mairie. Aux essayages, on vous fait marcher, vous asseoir et lever les bras, parce que personne ne se marie immobile devant un miroir.
Au fond du passage des Soyeux
Un ancien atelier de tissage, avec près de quatre mètres sous plafond à cause des métiers d’autrefois. Il n’y a qu’une robe en vitrine et il faut savoir où tourner : on vous expliquera le chemin au téléphone.
9, passage des Soyeux, 69001 Lyon
Du mardi au samedi, de 10 h à 19 h, sur rendez-vous
04 65 71 00 12

Le journal de l’atelier
- Quand s’y mettre, et que faire s’il reste dix semainesNeuf mois avant, c’est confortable, six mois, ça va encore, et à dix semaines il reste quelques solutions honnêtes, que voici.
- Ce qu’on met dessous, puisqu’il faut bien en parlerSoutien-gorge, culotte, gaine, collants et déodorant, tout ce qui se passe sous la robe et que personne n’ose demander à l’essayage.
- Une mousseline en novembre, un mikado en août : ce que le temps fait au tissuLe choix du tissu dépend du mois et du lieu autant que du goût, et voici ce qu’on en a appris à force de voir revenir les robes.