À 11 h, elle sera froissée. Si cette phrase vous dérange, arrêtons-nous là et regardez Galon ou Ganse. Le lin-soie prend les plis du siège de voiture, du banc, de la personne qui vous serre dans ses bras, et il les garde avec un certain contentement. C’est tout l’intérêt, pour qui se marie dans un pré avec une tante qui fait les tartes.
La lisière, c’est le bord du tissu tel qu’il sort du métier, que d’ordinaire on coupe et on jette. Pour la garder au bas de la robe, nous taillons le lin en travers, dans le droit-fil de trame, et la frange reste comme elle est : notre tisserand ne la fait jamais deux fois pareille, et nous avons arrêté de lui en parler. Une lisière ne se raccourcit pas. La longueur est fixée à la coupe, mesurée à la cheville, pieds dans les chaussures que vous porterez. Changer de talon après coup revient à changer de robe.
Les manches ballon sont généreuses et arrangent les bras qu’on n’aime pas montrer. Le boutonnage devant, lui, baille sur une forte poitrine, comme toutes les chemises du monde : on ajoute une pression cachée entre chaque bouton du buste. Assise, vous verrez s’ouvrir les deux derniers boutons. Tant pis pour eux.





