Comptez trente heures. Le smock consiste à froncer le tissu en plis très serrés, puis à les fixer par des points de broderie, rang après rang, et il faut trois fois la largeur finale de mousseline pour couvrir un seul buste. À l’atelier, c’est Maud qui s’en charge, souvent en écoutant la radio. Nous ne connaissons pas de machine qui le fasse proprement, et nous avons cherché.
L’avantage est mécanique : un buste smocké s’étire et revient. Il suit une poitrine qui change, un repas qui dure, une grossesse qu’on n’avait pas prévue à la commande. La taille empire libère tout ce qui se trouve en dessous. Le revers existe, et votre tante vous le signalera sans doute : cette silhouette peut faire chemise de nuit, ou laisser croire que vous attendez un enfant. On le voit en deux minutes dans le miroir.
Les grandes manches bouffantes se resserrent au poignet par un bouton recouvert, et elles ont une vie à elles. Elles trempent dans la sauce. Un smock ne se reprend pas : on ne peut retoucher que sur les côtés, sous le bras. Et limez vos ongles avant de l’enfiler, la mousseline repère le moindre accroc.





