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Ce qu’on met dessous, puisqu’il faut bien en parler

Soutien-gorge, culotte, gaine, collants et déodorant, tout ce qui se passe sous la robe et que personne n’ose demander à l’essayage.

Fond de robe en soie ivoire suspendu à un cintre en bois, contre un mur de plâtre

Une robe de mariée se construit de l’intérieur. Nous avons vu d’excellentes coupes ruinées par une culotte, alors autant y consacrer dix minutes. Voici ce que nous disons à l’atelier, avec les mêmes mots.

D’abord la couleur

Le blanc est le pire choix sous du blanc. Sur l’ivoire et sur le satin, un sous-vêtement blanc se voit comme une tache plus claire. Prenez une teinte proche de votre peau, quelle que soit votre peau, quitte à chercher un peu. Ce sera moins joli dans le tiroir, et invisible sur les photos.

Cette règle vaut pour tout ce qu’on va dire ensuite, et c’est aussi ce qu’il faut apporter au premier essayage.

Le haut

Trois cas de figure, en gros.

Si la robe permet un soutien-gorge normal, mettez-en un que vous connaissez déjà, porté au moins une journée. Le mariage est un mauvais moment pour tester des armatures. Surjet, par exemple, cache la bande et les bretelles, et rend ce choix possible.

Si la robe a un dos nu, comme Biais ou Ganse, le soutien-gorge classique ne passe plus. On coud alors des bonnets directement dans la doublure : c’est solide, c’est invisible, et vous êtes tenue autant qu’on peut l’être sans bretelles. Ça tient mieux qu’un soutien-gorge adhésif. Ceux-ci fonctionnent sur des petites poitrines, sur une peau sans crème, pendant quelques heures. Au-delà de 28 °C et après trois danses, ils se décollent, et jamais au bon moment. Testez-les un samedi ordinaire, à la maison, en montant et descendant les escaliers.

Si la robe est bustier, comme Bouillonné, il y a déjà tout ce qu’il faut dedans. N’ajoutez rien, sauf si on en a parlé ensemble.

Le bas

Une culotte sans couture, coupée au laser, couleur peau. Sous du satin ou du crêpe, la moindre bordure dessine une ligne. Vérifiez-la de dos et assise, devant un miroir. Le string marque moins, et il marque quand même sur un biais, parce que la soie suit tout. Certaines femmes n’en portent pas du tout sous ce genre de robe, on ne juge pas, et nous nous arrangeons pour la doublure.

Gainer ou pas

Une gaine légère sert parfois à lisser une ligne sous une colonne ou une sirène. Elle ne vous fera pas perdre une taille, malgré ce qui est écrit sur la boîte. Elle remonte en dansant, elle tient chaud, et elle complique considérablement le passage aux toilettes. Si vous y tenez, essayez-la d’abord pendant une journée entière, dîner compris. Et apportez-la aux essayages : une gaine change vos mesures d’un bon centimètre, et nous retouchons selon ce que vous aurez vraiment sur vous.

Sous une grande jupe, personne ne le saura, alors épargnez-vous cette peine.

Pour l’hiver et pour les pieds

Des collants, oui, si vous avez froid. Choisissez un voile couleur peau, sans brillance, et prenez-en une paire de secours, parce que la première filera, c’est une loi physique. Sous du tulle, prévoyez un jupon pour limiter la statique.

Pour les chaussures, une demi-semelle en gel ne se voit pas et sauve les trois dernières heures. Portez vos chaussures chez vous, plusieurs soirs, sur du parquet.

Et le déodorant

Les déodorants blancs marquent la soie, et ces marques-là ne partent pas toujours au nettoyage. Prenez un produit transparent, mettez-le à l’avance et laissez sécher avant d’enfiler la robe. Si vous avez tendance à transpirer beaucoup, parlez-en à l’essayage : nous pouvons coudre des dessous-de-bras en coton dans la doublure, ils ne se voient pas et se retirent après.

Les toilettes, en deux mots

Essayez à l’atelier, avec nous, avant le grand jour. Vraiment. Dans une robe longue, tout ce que vous mettez dessous devra être descendu d’une main pendant qu’une amie tient la jupe. Moins il y a de couches, mieux ça se passe, et voilà pourquoi nous finissons toujours par vous conseiller la même chose : le moins possible, de la bonne couleur, déjà porté une fois.

Solène Marchand, le 12 mai 2026. Retour au journal.